Mayotte sous tension : La manifestation de Mamoudzou dégénère devant le tribunal

par | 6 Fév 2024 | A la Une, Insécurité, Société

À Mayotte, l'appel des "forces vives" a réuni, ce mardi 6 février, plus d'un millier de citoyens dans les rues de Mamoudzou pour protester contre l'insécurité et les flux migratoires incontrôlés.


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Cette nouvelle journée de mobilisation, marquée par des tensions palpables, notamment au tribunal judiciaire de Kawéni, s’inscrit dans la continuité des actions menées ces dernières semaines, visant à attirer l’attention sur les urgences sociales et sécuritaires qui frappent l’île.

Dès le lever du jour, les barrages routiers, levés temporairement, ont permis aux manifestants de converger vers le chef-lieu, renforçant ainsi l’ampleur de la manifestation. Cependant, le rassemblement pacifique a rapidement été teinté d’incidents au tribunal de Kawéni, où les forces de l’ordre ont dû user de bombes lacrymogènes pour contenir une foule déterminée à forcer l’entrée de l’édifice. Malgré les heurts, les élus locaux ont réussi à pénétrer dans le tribunal pour dialoguer avec les magistrats, tandis que la foule, maintenue à distance, exprimait son mécontentement.

L’arrivée d’un groupe d’élus en soutien aux manifestants a marqué un tournant dans la journée. Ben Issa Ousseni, président du conseil départemental, et plusieurs autres figures politiques se sont joints à la foule, affirmant leur solidarité avec les revendications portées.

Une réunion était prévue entre les élus et les forces vives, bien que le collectif ait exprimé des réserves quant à son objectif, appelant à une clarification des intentions.

La manifestation s’est scindée en deux fronts distincts : tandis que les hommes maintenaient leur position devant le tribunal, un cortège féminin prenait la direction du rond-point de la zone NEL, illustrant la détermination des Mahorais à se faire entendre.

Cette division stratégique visait à maximiser l’impact de leur action, bloquant efficacement les principaux axes de circulation et accentuant la pression sur les autorités.

La journée a également été marquée par l’irruption d’un kwassa kwassa sur la plage de Mtsamoudou, exacerbant la colère des manifestants face à la continuité de l’immigration clandestine, malgré les appels répétés à une gestion plus stricte des frontières.

Face à l’escalade des tensions, les forces de l’ordre ont érigé un barrage solide devant le tribunal, empêchant toute avancée des manifestants, qui, malgré l’adversité, sont restés mobilisés, clamant leur exigence de justice et de sécurité. « On voulait faire passer un message, les Mahorais se font tuer tous les jours et la justice ne donne aucune réponse« , a souligné Safina Soula, présidente du collectif des citoyens de Mayotte 2018, témoignant de la détresse et de la frustration de la population.


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