Crise sociale à Mayotte : L’éducation en balancier, les cours à distance en renfort

par | 6 Fév 2024 | Education, Société

La tourmente sociale qui secoue Mayotte ne laisse pas indemnes les établissements scolaires, confrontant le recteur de l'académie, Jacques Mikulovic, à un défi de taille. Contacté en urgence ce lundi, il dresse un état des lieux sans concession, mêlant absences massives, heurts violents, et la mise en place de cours à distance pour pallier le tumulte qui règne.


Le lundi 5 février, le constat est implacable : les barrages liés aux revendications sur l’insécurité et l’immigration clandestine ont laissé des marques profondes dans la fréquentation des établissements. Au lycée Younoussa-Bamana, l’absentéisme atteint des sommets avec 1 500 élèves pour seulement 20 % des enseignants présents. Les cours suspendus depuis hier midi, l’établissement est en proie à des tensions exacerbées. Au collège Halidi-Sélémani, à M’gombani, les caillassages ont également conduit à la suspension des cours, qui devrait perdurer les prochains jours.

La mobilisation des écoliers et des enseignants varie d’une localité à l’autre. À Mamoudzou, l’épicentre des troubles, les écoles de la ville fonctionnent à bas régime. À Petite-Terre, le lycée de Kawéni compte 50 % d’élèves pour 35 % des enseignants, tandis qu’à Pamandzi, 62 % des lycéens sont présents contre 90 % d’enseignants.

Face à cette conjoncture complexe, le recteur Jacques Mikulovic annonce une mesure cruciale : les cours à distance. Les enseignants ne pouvant pas se rendre sur les lieux physiques devront assurer la continuité pédagogique depuis chez eux. Un défi logistique qui prendra forme dès la semaine prochaine, avec une diffusion potentielle des cours via la télévision pour les élèves qui ne peuvent pas se rendre en classe et n’ont pas accès à Internet.


Dans la même rubrique

Homicide par balle sur fond de guerre de gang mardi soir

Homicide par balle sur fond de guerre de gang mardi soir

La nuit de mardi à Majikavo Koropa a été le théâtre d’un sanglant règlement de comptes, marquant un nouveau chapitre dans la guerre des gangs à Mayotte. Un jeune homme de 23 ans, récemment sorti de prison et réinséré professionnellement, a perdu la vie. De nouveaux éléments du parquet indiquent un violent affrontement entre les bandes de Gotham et Medellin.