Crise de l’eau : les deux retenues collinaires, vides dans quelques jours 

par | 7 Nov 2023 | Ressources, Société

Le dernier rapport de la préfecture vient d’être publié. Les deux retenues collinaires sont remplies à 7 et 6 %. Leur vidange complète interviendra dans les jours à venir. Mais sans elles, le territoire ne pourra plus produire que 20 000 m³. Alors que la consommation de la population ne parvient pas à descendre en dessous des 26 000 m³, malgré les coupures. 


La retenue collinaire de Combani, au centre de l’île, n’est plus remplie qu’à 7 %. Celle de Dzoumogné, au nord, à 6 %. Dans quelques jours, elles seront vides. « Cela devrait intervenir autour de la mi-novembre. Nous n’avons, dans tous les cas, jamais puisé si profond », précisait Jérôme Josserand, directeur de la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL), le 1er novembre. Lorsqu’ils sont si peu remplis, ces lacs artificiels concentrent en effet un niveau élevé de boue. Mais également des poissons. « Si l’on assèche trop les retenues, les poissons qui s’y trouvent vont mourir et infester l’eau future, quand elles se rempliront à nouveau, lors de la saison des pluies », poursuit le directeur de la Deal. L’idée, pour les services de l’État, est donc de conserver un minimum d’eau dans au moins une des deux retenues pour « héberger » cette faune.

 

8000 m³ d’eau puisés chaque jour dans les retenues 

Aujourd’hui, encore 8000 m³ d’eau sont puisés chaque jour dans les deux retenues collinaires pour alimenter le réseau d’eau. Les 11 rivières qui permettent également de produire de l’eau potable sont pour la plupart asséchées. Seulement 5000 à 6000 m³ peuvent y être puisés quotidiennement. Pour compléter ces apports, 10 à 12 000 m³ sont récupérés grâce au forage. « Et depuis début novembre, avec la première phase des travaux de l’usine de dessalement terminée, 3700 m³ issus d’eau salée sont également disponibles (contre environ 1 500 m³ auparavant) », assure Jérôme Josserand. D’ordinaire, les retenues collinaires et les rivières représentent 80 % de la ressource. Actuellement, elles ne peuvent pas fournir plus de 50 % de l’eau consommée sur le territoire.

 

« Si la pluviométrie est au rendez-vous, on va s’en sortir »

Et la situation se dégradera encore quand les lacs artificiels seront vides. Malgré les restrictions, qui privent d’eau courante les habitants plus de deux jours sur trois, la consommation stagne autour de 26 à 27 000 m³ par jour, selon le dernier relevé diffusé par la préfecture. Mais une fois la vidange complète des retenues, le territoire ne sera plus capable de produire que 20 000 m³ au maximum. Les travaux d’urgence entrepris – comme le nouveau captage à proximité de la cascade de Soulou (qui permet d’apporter 600 m³ supplémentaires) – devraient permettre de compléter un peu les approvisionnements. Un nouveau forage, à Coconi, apportera également 600 m³ complémentaires à partir de fin novembre. 

 

Mais les services de l’État espèrent surtout que la saison des pluies démarre à l’heure, courant novembre. Dans tous les cas « les retenues ne devraient pas se remplir avant fin décembre. Mais les pluies rechargeront les rivières », rassure le directeur de la Deal. Pour Philippe Vigier, ministre délégué chargé des outre-mer,  « nous allons rester sur les tours d’eau sur lesquels nous sommes et à quelques jours près, ça va passer. Si la pluviométrie est au rendez-vous, on va s’en sortir. »

 


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