Depuis plusieurs semaines, les signalements de disparitions, d’enlèvements présumés et de meurtres d’enfants ou d’adolescents se multiplient, particulièrement à Antananarivo et dans ses environs rapporte Mayotte La 1ère.
Le 8 juillet, le président Michaël Randrianirina évoquait au moins 90 plaintes enregistrées depuis la fin du mois de juin, avec un bilan alarmant de 43 morts et 47 disparus. Cette prise de parole a ravivé une inquiétude déjà très présente dans les rues de la capitale, où les rumeurs circulaient depuis plusieurs semaines.
Dans ce climat de peur, plusieurs suspects ont échappé de peu à des lynchages. Le 4 juillet, dans le quatrième arrondissement d’Antananarivo, une femme soupçonnée d’avoir tenté d’enlever deux fillettes a été poursuivie par une foule en colère avant d’être conduite au poste de police. Le soir même, les forces de l’ordre ont dû la transférer au commissariat central alors que des habitants réclamaient sa mort.
Quelques heures plus tard, dans le même secteur, un homme soupçonné d’avoir voulu enlever une enfant de 6 ans a été violemment frappé par la foule. Il n’a dû sa survie qu’à l’intervention des policiers, avant d’être hospitalisé dans un état sérieux.
D’autres scènes similaires ont été rapportées. Six personnes, trois hommes et trois femmes, ont été arrachées à une foule armée de bâtons après avoir été accusées de tentative d’enlèvement. Une arme à feu, des seringues et des flacons de produits ont été saisis, tandis que plusieurs enquêtes se poursuivent.
À Tsimbazaza, au sud d’Antananarivo, une femme soupçonnée d’avoir tenté de partir avec un bébé a également été prise pour cible. Des témoins rapportent que certains voulaient la brûler vive avant l’arrivée des militaires.
Cette montée de la vindicte populaire inquiète les autorités. Dans plusieurs cas, les forces de l’ordre interviennent autant pour interpeller les suspects que pour leur éviter une exécution sommaire par la foule. Une justice expéditive, sans preuve ni jugement, qui reste profondément ancrée dans certains réflexes collectifs.
La spirale a déjà fait des morts. Le 13 juillet, la justice a ordonné une enquête après un lynchage mortel à Maintirano. Un homme soupçonné du meurtre d’une gérante de Cash-Point a été brûlé vif par une foule en colère.



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