Un continent gagné par les conflits
Devant les délégations présentes, le chef de la diplomatie comorienne a d’abord dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire en Afrique. Il a cité le Sahel, la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique comme des zones marquées par les morts, les déplacements de populations et le désespoir d’une jeunesse prête à risquer sa vie pour un avenir meilleur. Selon lui, les mécanismes actuels de prévention des conflits, bien qu’efficaces jusqu’ici, doivent être renforcés par des dispositifs plus souples et plus réactifs. Il a également pointé la montée de groupes terroristes et extrémistes, qui profiteraient de la fragilité des institutions, de la porosité des frontières et de la pauvreté des populations à travers le continent.
Le ministre a affirmé le soutien des Comores aux futures recommandations du sommet, plaidant pour une priorité accordée à la protection des civils, à la lutte contre les causes profondes des crises, à l’augmentation des financements humanitaires, ainsi qu’à l’inclusion des femmes et des jeunes, qu’il a qualifiés de premiers acteurs de paix.
Mayotte, point de tension avec la France
C’est sur la question de Mayotte que le discours de Mbae Mohamed a pris un tour plus offensif. Évoquant la position géographique de son pays et les enjeux stratégiques du canal du Mozambique, décrit comme une zone autrefois paisible désormais menacée, le ministre a dénoncé une érosion de la solidarité panafricaine au profit d’intérêts particuliers.
Il a critiqué la signature d’instruments juridiques entre des pays africains et les autorités de Mayotte, qualifiée d’île comorienne occupée illégalement par la France en tant que puissance colonisatrice. Selon lui, tout accord signé entre un État membre de l’Union africaine et l’administration française sur ce territoire constitue une atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Union des Comores.
Le ministre a appelé solennellement les États membres et la Commission de l’Union africaine à respecter cette intégrité territoriale, à observer une vigilance accrue et à s’abstenir de tout acte susceptible de compromettre la souveraineté comorienne ou de transformer cette question en conflit politique et diplomatique sur le continent.
Plaidoyer pour l’unité africaine
En conclusion, le chef de la diplomatie comorienne a exhorté l’Union africaine à consolider son unité et sa solidarité au-delà des clivages politiques, afin de restaurer la confiance des peuples africains et d’agir collectivement pour la paix et la sécurité sur l’ensemble du continent.
Source : source_comores_infos



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