Réactions à gauche après les propos de Salime Mdere

par | 26 Avr 2023 | Politique

Les déclarations du député ont, sans surprise, provoqué de vives réactions parmi l'ensemble de la classe politique nationale.


En conséquence, la journaliste et présentatrice Géniale Attoumani a arrêté Salime Mdere dans son élan. En effet, aucun élu ne peut appeler à la haine, quel que soit le contexte difficile vécu par les compatriotes. En revanche, son rôle noble est de guider la population et non de sombrer dans la démagogie.

Salime Mdere n’a pas envoyé de communiqué de presse mais s’est exprimé sur sa page Facebook, présentant ses excuses et s’expliquant : « les mots ont dépassé ma pensée (…). Si je soutiens cette opération (Wuambushu) et m’inquiète des conditions de son démarrage (un bateau empêché d’accoster aux Comores, un décasage annulé par la justice…), je n’en reste pas moins très attaché au respect de l’Etat de droit et ne peux aucunement souhaiter que se mette en place une justice expéditive, qui conduirait Mayotte dans le chaos. »

Les propos de l’élu ont provoqué de vives réactions parmi l’ensemble de la classe politique nationale. La sénatrice PS de Paris, Marie-Pierre de La Gontrie, a annoncé avoir saisi le parquet de Paris pour réprimer les provocations visant les atteintes à la vie, comme le prévoit l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 selon le Journal de Mayotte.

Fabien Roussel, député communiste, a réagi en appelant à mettre immédiatement fin à l’opération. Quant au parti présidentiel, il a été interpellé par les socialistes au sujet de la proximité politique du 1er vice-président, mais se dédouane: « Salime Mdéré n’était pas adhérent à ‘la République en marche’, n’est pas adhérent à Renaissance, il n’a jamais obtenu l’investiture de notre parti et n’a d’ailleurs pas accordé son parrainage au président de la République en 2022″. Le conseiller départemental de Boueni a été élu sous l’étiquette Divers centre aux élections départementales de 2021.

Le parti Renaissance condamne « avec la plus grande fermeté les propos intolérables » tenus par l’élu.

À Mayotte, les LR ont longuement réagi dans un communiqué d’appui à l’élu : « La moralité demande à ce qu’un homme public puisse avoir un langage approprié et une éthique irréprochable, mais cela ne l’empêche pas d’être un être humain, de faire des erreurs et d’aimer Mayotte. » Ils replacent dans le contexte mahorais, « le climat délétère dans lequel se trouve notre département depuis plusieurs années. Les sévices, les violences, les agressions, les assassinats, les viols, les mutilations, les expropriations, les cambriolages… dont nous sommes tous victimes”.

Ils ont mis en garde contre une instrumentalisation de l’événement pour détourner l’attention des véritables problèmes de Mayotte, à savoir la lutte contre la délinquance, l’éradication des bidonvilles et la lutte contre l’immigration clandestine.

Il est important de rappeler que les propos tenus par Salime Mdere sont inacceptables et ne sauraient être tolérés dans une société démocratique. L’incitation à la violence ne peut en aucun cas être justifiée, même dans un contexte difficile. Les élus ont la responsabilité de servir de guide pour la population et de contribuer à la construction d’une société plus juste et plus égalitaire, dans le respect des lois et des valeurs de la République.


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