Depuis ce mardi 1er septembre, l’Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM) gère officiellement le port de Longoni, mettant fin à treize années de délégation de service public confiée à Mayotte Channel Gateway (MCG), rapporte Mayotte Hebdo. La convention, qui devait courir jusqu’en 2028, a été résiliée par anticipation après plusieurs décisions de justice, la cour administrative d’appel de Bordeaux ayant confirmé en juin sa fin au 1er septembre 2026.
Confiance affichée du côté des salariés
Sur les quais, le véritable enjeu reste la continuité des opérations : accostage des navires, prise en charge des conteneurs, circulation des marchandises. Madi Malidi, responsable syndical CGT Mayotte des salariés du port, se veut rassurant et écarte tout risque de blocage extérieur, notamment de la part des opposants à la fin de la délégation. Une rencontre avait déjà eu lieu le 6 août avec le directeur de l’EPPCM, Henri Dupuis, pour évoquer la gouvernance à venir.
Selon le syndicaliste, la nouvelle direction doit d’abord s’appuyer sur le fonctionnement actuel avant d’envisager des améliorations, à l’image de la méthode adoptée par MCG lors de sa prise de fonction. Une période de rodage est attendue, sans attentes de perfection immédiate, et les premières arrivées de marchandises serviront de test grandeur nature pour la nouvelle organisation.
Le sort des équipements toujours en suspens
Un point de friction demeure entre MCG et l’EPPCM autour de la récupération de gros équipements essentiels, comme les grues et les portiques RTG, dont la propriété fait l’objet d’une expertise judiciaire toujours en cours. Une divergence d’interprétation des textes expliquerait l’absence de rétrocession de ces engins au Département-Région.
Le 20 août, la présidente de l’EPPCM, Zamimou Ahamadi, avait indiqué que ses équipes devaient anticiper plusieurs scénarios pour garantir le bon fonctionnement du port, tandis que des discussions se poursuivaient avec MCG. La vice-présidente du Département-Région, Mariame Saïd Kalam, avait rappelé que MCG restait un partenaire de travail dans ce dialogue. La question des assurances liées à l’exploitation et à la sécurité du site ferait également partie des dossiers sensibles de cette transition.
Tarifs et gouvernance en discussion
Un premier Conseil portuaire s’est tenu lundi matin. Madi Malidi y a relevé l’absence de plusieurs personnes qu’il considère proches de l’ancienne direction de MCG, alors que l’avenir du port était en discussion. Il a également contesté l’idée d’une hausse des prix, affirmant que des « lignes de facturation fantômes » devaient disparaître avec la nouvelle grille tarifaire entrée en vigueur ce 1er septembre.
Contactés, le Département-Région et plusieurs transitaires n’ont pour l’heure pas apporté de précisions supplémentaires sur le déroulement de cette reprise, dont les effets concrets sur l’approvisionnement de l’île se mesureront dans les prochains jours.
Source : source_mayottehebdo



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