Le projet d’usine de dessalement d’Ironi Bé controversé 

par | 23 Jan 2024 | Culture, Economie

Les associations qui œuvrent pour le respect de l’environnement à Mayotte viennent d’adresser un courrier au préfet. Elles alertes sur les conséquences environnementale du projet d’usine de dessalement à Ironi Bé. 


« Nous comprenons l’urgence de trouver des solutions pour augmenter la ressource en eau mais le faire sans aucune concertation avec les associations environnementales n’est pas le meilleur moyen d’obtenir l’adhésion de la société civile. » Dans un courrier adressé au préfet de Mayotte, l’association Les Naturaliste, la Fédération mahoraise des associations environnementales ainsi que l’association Mayotte Nature environnement évoquent leur crainte au sujet de l’emplacement choisi pour l’implantation d’une seconde usine de dessalement. Selon elles, la solution retenue par la préfecture présente deux défauts majeurs : « la précipitation et l’opacité » car « aucun débat public n’a permis d’échanger sur les solutions. » D’autant que les enjeux environnementaux soulèvent plusieurs questions. « Le choix du site impacte une mangrove et un récif qu’il faudra détruire pour faire passer les canalisations de pompage et de rejet », est-il mentionné. 

 

« Le pire endroit possible » 

Lors de la visite d’Elisabeth Borne à Mayotte, le 8 décembre dernier, Estelle Youssouffa, députée Liot de Mayotte, alertait déjà sur les conséquences environnementales de ce projet. «  Nous avons le plus beau lagon du monde et cette usine rejettera de l’eau saumâtre. Cela aura sans doute un impact sur les écosystèmes. » Selon un ingénieur de recherches ayant participé aux études préliminaires, Ironi Bé est en effet « le pire endroit possible pour implanter cette usine. C’est le lieu où l’eau se renouvelle le moins dans le lagon alors que l’unité de dessalement rejettera une saumure très concentrée. C’est un projet qui met de côté les études environnementales et qui deviendra le plus gros consommateur d’électricité de l’île », assure-t-il. 

 

Pour les associations, « les rejets de produits chimiques, liés à l’entretient permanent des membranes de filtration, sont également prévus dans le lagon, à côté de deux sites marins à protection forte : l’îlot Mbouzi et la passe en S. » D’autant que le rejet d’une saumure deux fois plus concentrée en sel que l’eau de mer ne sera pas sans conséquences sur la diversité biologique du lagon, qu’il s’agisse des mangroves, des herbiers, des coraux ou des animaux marins. » 

Des équipements de récupération d’eau de pluie ? 

Dans leur courrier, les associations estiment par ailleurs que le dessalement n’est qu’une partie de la réponse à la pénurie d’eau. D’autres mesures pourraient être prises dès maintenant. Notamment l’installation d’équipements de récupération d’eau de pluie « à encourager pour les usages non alimentaires » ou la replantation d’un couvert forestier permettant de favoriser le stockage de l’eau dans le sol. 

 


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