Des renforts pour la distribution de bouteilles d’eau à toute la population

par | 16 Nov 2023 | Politique, Ressources

150 militaires de la sécurité civile et sapeurs-pompiers ont rejoint Mayotte pour distribuer de l’eau à toute la population. Une mesure attendue depuis longtemps par les habitants.


Niché au bout du port de Longoni, dans le nord de l’île, une dizaine de tentes surplombent la mer. C’est là que les sapeurs-pompiers et militaires ont installé leur campement. Ils sont 150 au total à avoir rejoint l’île ces dernières semaines. 75 à être venus . Ce mercredi 15 novembre, ils étaient accueillis dans leur base de vie, par Thierry Suquet, le préfet de Mayotte. Leur mission : distribuer des bouteilles d’eau à toute la population. « On arrive avec trois semaines de retard, la distribution aurait dû commencer fin octobre, assure Emmanuel*, sapeur-pompier arrivé de métropole. On a l’impression d’arriver un peu tard pour la population. » Les habitants devraient recevoir leurs premières bouteilles à compter de ce lundi 20 novembre. Une promesse dePhilippe Vigier, ministre délégué chargé des outre-mer, qui annonçait le 2 novembre dernier, la distribution de « 330 000 litres par jour. »

Un élargissement qui inquiète les CCAS

Jusque-là, les distributions gratuites étaient réservées aux personnes les plus vulnérables. Soit 50 000 à 60 000 personnes. Alors l’élargissement de cette mesure inquiète les centres communaux d’action sociale sur place, qui assurent déjà la distribution pour les personnes en situation de handicap, celles âgées de plus de 65 ans, ainsi que les femmes enceintes, et se disent « débordés. » Selon la préfecture, de nouveaux centres de distribution viendront compléter le dispositif. « Les effectifs – avec les 150 renforts, accompagnés des 150 militaires déjà sur place – devraient suffire », souligne Gilles Cantal, le préfet de l’eau.

« Une crise de plus en plus aigüe »

Pour les habitants, cette mesure était attendue depuis longtemps. Le 6 octobre, Estelle Youssouffa réagissait aux annonces du gouvernement visant à geler les factures d’eau pour les mois de septembre à décembre 2023. Une « bonne chose », selon elle, qui devait s’accompagner « d’une distribution d’eau à l’intégralité de la population. » « Nous allons vers une crise de plus en plus aiguë », alertait-elle.

Un mois et demi après, les deux retenues collinaires – qui assurent 80 % de l’approvisionnement en eau avec les rivières – ne sont plus remplies qu’à environ 6 %, contre 58 % en moyenne l’année dernière. Les services de l’État sur l’île prévoyaient leur vidange complète autour du 15 novembre mais les récentes pluies ont permis de gagner presque « une semaine », selon une source proche du dossier. Pour autant, lorsqu’elles seront vides, l’île ne pourra produire que 20 000 m³ d’eau par jour alors que la consommation ne parvient pas à descendre en dessous des 26 000 m³ malgré des coupures d’eau plus de deux jours sur trois. Dans ce contexte, un allongement des coupures est probable.

 


S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Projet de loi Mayotte : les attentes des élus mahorais pour une législation adaptée

Projet de loi Mayotte : les attentes des élus mahorais pour une législation adaptée

Dans la perspective de redéfinir les lois régissant Mayotte, les élus locaux ont exprimé des demandes précises lors de leur récente rencontre avec le président Emmanuel Macron. La ministre des Outre-mer, Marie Guévenoux, a souligné dans un courrier les enjeux cruciaux que ces lois doivent adresser, notamment en matière migratoire et de développement territorial.

Opération de restauration forestière à Acoua

Opération de restauration forestière à Acoua

Les autorités de Mayotte intensifient leurs efforts pour contrer l’agriculture illégale qui menace l’équilibre écologique de l’île. En fin de semaine, une opération conjointe entre la gendarmerie, les agents du conseil départemental et de la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DAAF) a été menée dans la forêt départementale d’Hachirongou à Acoua. L’objectif était la destruction de trois hectares de cultures illégales, notamment de canne à sucre, piment, songe, manioc et bananiers.