Crise de l’eau : une troisième manifestation du collectif Mayotte a soif 

par | 6 Nov 2023 | Ressources, Société

Le collectif Mayotte a soif, créé sur les réseaux sociaux début septembre pour protester contre la pénurie d’eau, organisait sa troisième manifestation ce lundi 6 novembre.


A Dzaoudzi, en Petite-Terre, le rendez-vous était donné dès 6h du matin sur la place de France. Mais à 9h, les manifestants n’étaient encore qu’une poignée, à proximité des locaux de la préfecture. « C’est un lieu symbolique. C’est ici que se prennent les grandes décisions. Et nous avons un certain nombre d’exigences parce que la pénurie touche la santé, l’éducation et la dignité de toute la population », s’indigne Racha Mousdikoudine, porte-parole du collectif, qui regrette le manque de mobilisation ce lundi.

 

Depuis plusieurs mois, Mayotte fait face à une pénurie d’eau historique. Le département le plus pauvre de France, situé dans l’océan Indien est en effet soumis à une des pires sécheresses de son histoire, alors que son approvisionnement dépend largement des eaux pluviales. Un stress hydrique aggravé par un manque d’infrastructures et d’investissements dans un territoire qui, sous pression de l’immigration clandestine, connaît une croissance démographique de 4 % par an. Dans ce contexte, la population est privée d’eau plus de deux jours sur trois depuis début septembre. 

 

Pour protester contre la situation, une première manifestation, organisée le 9 septembre, avait rassemblé une centaine de manifestants. Le 27 septembre, une seconde, rassemblait cette fois près d’un millier de personnes. « Pour ce troisième rassemblement, nous avons été convoqués par la préfecture qui nous a demandé d’annuler la manifestation. Elle craignait un trop grand nombre de manifestants. Pour nous, c’était de l’intimidation. Mais cela a sans doute incité la population à ne pas se déplacer », estime la porte-parole, qui insiste que le fait que « les solutions apportées par le gouvernement sont provisoires » et que « la situation est inacceptable. » 

 

Dini Dinis, drapeau français sur les épaules, est l’un des rares manifestants sur place. Pour cet habitant de Petite-Terre, « il n’est pas normal que rien ne coule au robinet alors qu’il y a de l’eau partout. On nous a fait fermer nos puits pour des raisons sanitaires. Et aujourd’hui on n’est pas capable de fournir la population », s’indigne-t-il, en se demandant pourquoi ces sources ne sont pas utilisées pour alimenter le réseau d’eau. A ses côtés, Nicolas Salvador, habillé d’un t-shirt aux couleurs du collectif « Mayotte a soif », regrette lui aussi le manque de mobilisation. « La pénurie touche tout le monde, sans discrimination. Les habitants du nord, du sud, quelque soit leur niveau de vie. » Racha Mousdikoudine le concède, « les Mahorais ne sont pas habitués à faire entendre leur mécontentement et ont peur des conséquences. Nous ne sommes pas dans un département français assez solide. » Le collectif aurait d’ailleurs aimé rencontrer Gérald Darmanin, qui devait se déplacer sur l’île les 1er et 2 novembre dernier. « Nous aurions aimé lui demander ce que l’État envisage de faire pour que chaque habitant ait de l’eau chez lui et qu’il vienne à notre rencontre, pour voir comment on vit, parmi nos excréments. A un moment donné, le gouvernement devra répondre, nous avons engagé des actions en justice », menace la porte-parole. 

 


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