Crise de l’eau : des solutions d’urgence, qui restent insuffisantes 

par | 25 Août 2023 | Politique, Santé, Société

Le nouveau ministre délégué chargé des Outre-mer a annoncé un investissement de 8 millions d’euros supplémentaires pour fournir un appareil produisant de l’eau potable à Mayotte. Il devrait être mis en service en novembre pour apporter une solution d’appoint.


Ce vendredi 24 août, le nouveau ministre délégué chargé des Outre-mer, Philippe Vigier, a annoncé un investissement de 8 millions d’euros supplémentaires afin d’envoyer un appareil produisant de l’eau potable à Mayotte. Depuis plusieurs mois, l’île subit une sécheresse sévère alors que son approvisionnement en eau dépend quasi-uniquement des eaux pluviales. Dans le même temps, les infrastructures ne parviennent pas à satisfaire la demande. « Compte tenu de l’accroissement de la population (3 % par an), de l’accroissement de la consommation et du besoin de modernisation des usines, le réseau fonctionne déjà en sous-capacité permanente », indiquait Gérald Darmanin, lors de sa visite à Mayotte, le 24 juin dernier. 

 

« La production d’eau ne suffit pas pour couvrir les besoins » 

Au total, les usines de potabilisation situées en Grande-Terre et l’usine de dessalement de Petite-Terre peuvent produire 38 000 m³ par jour, alors que la consommation atteindrait 40 000 à 42 000 m³. « On sait que la production d’eau potable ne peut pas couvrir les besoins. Tant qu’il n’y aura pas d’investissements massifs, les coupures d’eau seront maintenues », indique un ingénieur spécialisé dans la gestion de l’eau. 

Dans ce contexte, la préfecture de Mayotte a annoncé ce jeudi 24 août que de nouvelles restrictions allaient être mises en place. A compter du 4 septembre, les habitants ne seront alimentés en eau qu’un jour sur trois. L’objectif : limiter au maximum la vidange des deux retenues collinaires, qui assurent 80 % de l’alimentation en eau avec les rivières. Des coupures qui s’accompagnent de quelques mesures d’urgence. L’appareil produisant de l’eau potable évoqué par le ministre chargé des Outre-Mer est un « osmoseur, permettant d’avoir une eau en quantité plus importante de manière à ce que dès le mois de novembre on puisse éviter le pire », a-t-il affirmé sur la chaîne CNews. 

 

Des retenues collinaires vides au plus tard début novembre 

Selon Ibrahim Aboubacar, le directeur du Syndicat des Eaux de Mayotte, cet appareil devrait fournir quotidiennement 1000 m³ d’eau potable. Lorsque les retenues collinaires seront vides – à compter de début novembre selon la préfecture si les nouvelles restrictions sont efficaces et plus tôt si elles ne le sont pas – le département de Mayotte sera en capacité de ne produire que 20 000 m³ d’eau, soit la moitié des besoins. 

 

En parallèle, l’usine de dessalement située en Petite-Terre, qui ne fonctionne qu’au tiers de ses capacités, est également en travaux afin de gagner en efficacité. La préfecture envisage une mise en service totale d’ici début novembre pour produire au total 4 700 m³ par jour. Des travaux qui auraient dû être réalisés il y a déjà plusieurs années. 

 


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