Depuis plusieurs jours, des vidéos montrant de jeunes hommes tondus de force par des agents circulent sur les réseaux sociaux, provoquant colère et indignation. Une pratique ancienne, banalisée dans certains commissariats, mais qui ne repose pourtant sur aucun texte de loi rapporte Mayotte La 1ère.
Pour ceux qui en font les frais, la scène laisse des traces. Aydi Lamani, rappeur connu pour ses textes engagés, raconte avoir été emmené au commissariat avant d’être forcé de se faire couper les cheveux. Pour l’artiste, dont la coiffure fait partie de son identité, l’humiliation a été violente. Il dit avoir tremblé lorsqu’on lui a demandé de ramasser ses cheveux au sol, comme si on lui arrachait une partie de lui-même.
Depuis, le jeune homme cache ses tresses sous une casquette pour éviter de nouveaux ennuis. D’autres artistes, comme Dja O Mic, décrivent eux aussi cette pression permanente autour des dreadlocks, des tresses ou des cheveux longs. Dans certains villages, leur simple apparence suffit à susciter remarques, soupçons ou filatures.
Le problème est d’autant plus sensible que ces tontes forcées sont illégales. Aucun texte n’autorise les forces de l’ordre à couper les cheveux d’un citoyen contre son gré. Face à la polémique, le ministère de l’Intérieur promet la mise en place d’un dispositif disciplinaire destiné à sanctionner les abus et les dérapages.
Pour le sociologue Abdoulanlym Mladjao, cette traque capillaire dit beaucoup plus qu’elle n’en a l’air. Elle révèle, selon lui, une société encore peu ouverte à la diversité des apparences, où les jeunes des quartiers populaires sont les premiers visés.



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