L’événement était organisé par l’association Elles Mayotte, à l’occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée le 11 octobre rapporte Mayotte La 1ère.
Dans les rues, les pancartes donnaient le ton. « Ma tenue n’est pas une invitation » ou encore « L’égalité commence dès l’enfance » : autant de slogans destinés à alerter sur les pressions sociales qui pèsent encore sur les jeunes filles à Mayotte.
Pour Faïza Ridjali, présidente de l’association créée il y a trois mois, les difficultés commencent tôt. Elle cite notamment le sport, auquel certaines filles renonceraient sous la pression d’adultes estimant qu’elles doivent plutôt apprendre les tâches domestiques.
L’association dénonce aussi une répartition inégale des responsabilités à la maison. Selon sa fondatrice, de nombreuses adolescentes doivent s’occuper des petits frères et sœurs ou aider au foyer, pendant que les garçons bénéficient de davantage de liberté.
Faïza Ridjali, qui intervient régulièrement auprès des familles et en milieu scolaire, estime que certaines fugues de jeunes filles traduisent aussi une volonté d’échapper à ce poids quotidien. Pour elle, la réponse ne doit pas être de restreindre encore plus la liberté des filles, mais d’éduquer les garçons et les hommes au respect et au partage des responsabilités.
L’association rappelle enfin que les filles sont particulièrement exposées dans les signalements de danger ou de mal-être. En 2022, elles représentaient 56 % des informations préoccupantes reçues par le Département, selon Faïza Ridjali.
À travers cette marche, Elles Mayotte veut donc ouvrir un débat plus large : permettre aux filles de grandir sans être enfermées dans des rôles imposés, et faire de leurs droits une priorité dès l’enfance.



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