Ce Mahorais, qui souhaite rester discret, a découvert qu’un passeport volé en 2019 aurait été utilisé pour contracter plusieurs prêts à son nom dans l’Hexagone rapporte Mayotte La 1ère.
L’affaire commence quelques mois après le vol de son document d’identité. Alors qu’il se rend à sa banque pour demander un prêt immobilier, la réponse le laisse sans voix : un crédit existe déjà à son nom. « On m’a dit que j’avais déjà un prêt, mais ce n’était pas moi », raconte-t-il, encore marqué par cette découverte.
Très vite, les réclamations s’accumulent. Cinq banques le contactent et lui réclament jusqu’à 45 000 euros. Ali Abdou assure pourtant n’être jamais allé dans l’Hexagone, là où les emprunts frauduleux auraient été souscrits. Plainte déposée, échanges avec la Banque de France, justificatifs envoyés : pendant trois ans, il tente de prouver qu’il est la victime, et non l’auteur de la fraude.
Malgré ses démarches, il finit sous le coup d’une interdiction bancaire. Une sanction lourde, qui bloque aujourd’hui son projet de prêt pour sa maison. Il devra attendre 2027 pour espérer tourner la page.
Son cas n’est pas isolé. À Mayotte, les usurpations d’identité se multiplient, souvent à partir de pièces d’identité perdues ou volées puis utilisées dans l’Hexagone. France Travail évoque notamment de nombreux dossiers liés à la fraude aux allocations chômage, où des documents de Mahorais auraient servi à travailler ou à percevoir des droits sous une fausse identité.
Ali Abdou, lui, refuse toujours de payer des crédits qu’il dit ne pas avoir contractés. Son passeport a depuis été retrouvé, mais le préjudice reste entier. Désormais, il espère surtout retrouver la personne qui a utilisé son identité et obtenir réparation.



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