À Mayotte, la « chimique » gagne du terrain et inquiète les autorités sanitaires

par | 6 Août 2026 | Santé, Société

La consommation de « chimique » continue de progresser à Mayotte. L’ARS, l’Observatoire régional de la santé et l’URPS Infirmiers de l’Océan Indien viennent de publier un nouveau volet de l’étude EpiMay consacré à cette drogue de synthèse, déjà bien installée sur le territoire.


Menée du 2 juin au 8 juillet 2025 auprès de 1 000 ménages tirés au sort, l’enquête confirme une hausse préoccupante depuis 2019. Près d’un adulte sur vingt déclare avoir déjà expérimenté cette substance aux effets puissants et imprévisibles rapporte le Journal de Mayotte.

L’évolution la plus marquante concerne les femmes. Selon l’étude, 3 % d’entre elles disent avoir déjà consommé de la « chimique » au cours de leur vie, contre moins de 1 % six ans plus tôt. Les raisons de cette progression restent, à ce stade, difficiles à établir.

Les consommations quotidiennes demeurent minoritaires mais préoccupantes. L’étude estime qu’environ 52 adultes sur 10 000 en consommeraient chaque jour, soit près de 870 personnes à l’échelle de Mayotte. Derrière ces chiffres, les autorités redoutent une dépendance durable et des situations de grande vulnérabilité.

La « chimique » désigne des cannabinoïdes de synthèse, souvent mélangés à un support végétal comme du tabac. Très éloigné d’un usage récréatif classique, ce produit peut provoquer hallucinations, pertes de mémoire, malaises, vomissements, agressivité ou troubles cardiaques. Sa puissance, très variable selon les molécules utilisées, rend ses effets particulièrement difficiles à anticiper.

L’étude distingue aussi plusieurs profils de consommateurs. L’expérimentation apparaît davantage chez des personnes socialement insérées, tandis que les usages réguliers concernent plus souvent des publics en difficulté, avec de faibles revenus ou un faible niveau de diplôme.

Autre signal d’alerte : près d’un adulte sur cinq n’a jamais entendu parler de cette drogue. Face à ce manque d’information, l’ARS veut renforcer la prévention, l’accompagnement et les soins en addictologie, notamment à travers la POPAM, les CSAPA, les CAARUD, les Consultations Jeunes Consommateurs et le service d’addictologie du CHM.


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