Pétition contre une inspectrice : quatre enseignants face à la justice à Mamoudzou

par | 16 Sep 2026 | Education, Justice, Social, Société

Une pétition publiée en ligne, des accusations de harcèlement moral, et deux versions qui s’affrontent désormais devant le tribunal.


Quatre enseignants sont jugés à Mamoudzou après la diffusion, en janvier 2026, d’un texte visant Farah B., inspectrice de l’Éducation nationale rapporte le Journal de Mayotte.

Dans cette pétition, les signataires dénonçaient des menaces, une dégradation des conditions de travail et réclamaient des sanctions contre l’inspectrice. Pour la partie civile, ces accusations seraient graves, infondées et suffisamment identifiables pour porter atteinte à Farah B., même si son nom n’était pas directement mentionné.

À l’audience, son avocate, Fatima Ousseni, a insisté sur le caractère réfléchi de la démarche. Selon elle, une pétition n’est pas un simple message publié dans l’instant sur les réseaux sociaux, mais un texte préparé, signé et diffusé volontairement. Elle rappelle que la liberté d’expression ne permet pas de tout écrire, notamment lorsqu’une personne est publiquement accusée de harcèlement moral.

La défense des enseignants livre une toute autre lecture. Pour eux, cette pétition ne serait pas née d’une volonté de nuire, mais d’un malaise professionnel plus large. Les prévenus évoquent des remarques vécues comme humiliantes, des pressions ressenties lors d’inspections et des décisions administratives contestées. Certains disent avoir signé ou partagé le texte parce qu’ils se reconnaissaient dans les faits dénoncés.

Leur avocat demande la relaxe et invite le tribunal à replacer l’affaire dans un contexte plus tendu au sein de l’Éducation nationale à Mayotte. Selon la défense, les quatre enseignants ne seraient que la partie visible d’un conflit plus large, impliquant davantage de personnels.

Farah B., qui affirme avoir été profondément touchée par cette publication, réclame 15 000 euros de dommages et intérêts. La pétition a depuis été retirée du site qui l’hébergeait, après une démarche de la partie civile.

Le tribunal devra désormais trancher une question délicate : les enseignants ont-ils exercé leur droit d’alerte et d’expression, ou ont-ils franchi la limite en portant publiquement des accusations diffamatoires ? La décision doit être rendue en délibéré le mardi 20 octobre.


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