Détruite le 30 décembre, un an après avoir été gravement endommagée par le cyclone Chido, l’édifice emblématique du village a laissé derrière lui un vide immense, à la fois spirituel et social rapporte le Journal de Mayotte.
Fragilisée par les rafales du cyclone, la mosquée avait perdu sa toiture, vu ses murs s’effondrer partiellement et son minaret se fissurer dangereusement. Le coup de grâce est venu d’un élément de tôle projeté par le vent, resté fiché dans la structure du minaret. Face au risque d’effondrement, la démolition est devenue inévitable. Une décision douloureuse, mais assumée par les responsables du culte, conscients qu’aucune réhabilitation partielle n’aurait garanti la sécurité des fidèles.
Autour des gravats encore frais, l’émotion est palpable. « Depuis que je suis née, elle était là », souffle une habitante, le regard fixé sur l’emplacement désormais vide. Pour beaucoup, la Grande Mosquée n’était pas seulement un lieu de prière, mais le cœur battant du village, celui qui rassemblait chaque vendredi l’ensemble de la communauté pour la Sala ya Ijumaa, et accueillait réunions, cérémonies et grands moments de la vie collective.
Depuis le cyclone, les fidèles ont dû se disperser vers d’autres mosquées voisines, à Doujani, Cavani ou Mandzarsoa. Une solution temporaire, qui ne compense pas la perte du rassemblement unique et du lien social qu’offrait l’édifice de M’tsapéré. « Rien ne remplace cette unité », confie un habitant, venu déposer un don dans l’épicerie voisine, transformée en point de collecte.
Car déjà, le regard se tourne vers l’avenir. Une collecte de fonds a été lancée, mobilisant les habitants du village, la diaspora et des donateurs de métropole. Le projet n’est pas nouveau : avant même le cyclone, une reconstruction plus vaste était envisagée pour répondre à l’augmentation de la population. Chido n’a fait qu’accélérer une décision mûrie de longue date.
Le futur bâtiment sera plus grand, plus solide, et le minaret, symbole fort, sera reconstruit à l’identique, mais plus haut. Le coût du chantier est estimé à 4,5 millions d’euros, pour une durée d’environ cinq ans. Un délai long, mais les responsables espèrent rendre la mosquée de nouveau utilisable d’ici un an, afin que le village retrouve au plus vite son point d’ancrage spirituel.
À M’tsapéré, la destruction n’a pas éteint la ferveur. Au contraire, elle a ravivé une solidarité collective, portée par la conviction que la Grande Mosquée renaîtra, plus forte encore, des décombres laissés par le cyclone.



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