La décision fait suite à un incident survenu deux jours plus tôt : ensanglanté et effrayé, le garçon s’était réfugié au poste de police municipale de Koungou, affirmant avoir été battu par son frère aîné, chargé de la discipline au foyer rapporte Mayotte Hebdo.
Le jeune garçon, couvert de plaies, a expliqué aux policiers avoir été frappé avec un câble électrique, un acte que son frère justifie comme une punition pour un retard à l’école coranique. Ému et encore marqué par l’incident, il s’est présenté au tribunal en compagnie de ses parents. Malgré la gravité des faits, il a déclaré ne pas souhaiter que son frère soit incarcéré.
Le prévenu, ayant grandi dans une culture où les châtiments corporels sont monnaie courante, assumait depuis son arrivée à Mayotte un rôle d’autorité dans une fratrie de six enfants. L’enquête a révélé un contexte de violences répétées, avec des traces de blessures anciennes sur le jeune garçon. « En France, la loi interdit qu’on fasse du mal aux enfants », a rappelé la présidente du tribunal.
L’avocate de l’enfant, maître Mélanie Trouvé, a déploré l’impact destructeur de cette violence : « Cela brise un enfant, entrave son développement et sa confiance envers les adultes ». Le procureur a requis une peine de huit mois de prison ferme, tandis que l’avocat de la défense a plaidé pour des travaux d’intérêt général, insistant sur le poids des responsabilités familiales qui pèsent sur le jeune homme.
Le tribunal a finalement prononcé une peine de douze mois de prison avec sursis et une amende de 8 000 euros pour dommages et intérêts. Quant à son statut de résident en situation irrégulière, le prévenu pourrait faire l’objet d’une mesure d’expulsion vers les Comores, la décision restant entre les mains de la préfecture de Mayotte.