La porte d’entrée n’est plus verrouillée. À l’intérieur, une mère guette le moindre bruit, espérant voir apparaître sa fille de 17 ans, disparue sans laisser de trace rapporte Mayotte La 1ère.
Hatyce Halidi Selemani, que ses proches appellent affectueusement Tyah, n’a plus donné signe de vie depuis l’après-midi du lundi 12 janvier. Ce jour-là, la lycéenne est rentrée déjeuner chez elle, comme à son habitude. Elle n’est jamais retournée en cours. Depuis, le silence.
Au départ, la famille veut croire à une fugue, à une escapade passagère. Mais les heures deviennent des jours, et les jours s’accumulent sans le moindre message, sans le moindre signe. Pour Erwan, le frère aîné, cette hypothèse ne tient plus. Une adolescente coupée de son téléphone et de ses réseaux sociaux, c’est impensable. Tyah a bien emporté son portable. Son sac de cours, en revanche, est resté à la maison. Un détail qui, pour ses proches, change tout.
Peu à peu, des éléments troublants émergent. Le matin même de sa disparition, une altercation aurait éclaté dans la cour du lycée. Des camarades évoquent une dispute. Sa sœur Naïsha parle même d’un possible conflit sentimental. Rien n’est établi, mais ces témoignages alimentent l’angoisse et laissent craindre une mauvaise rencontre.
Scolarisée en classe de première dans un lycée de Pessac, Tyah avait confié son mal-être à sa famille. Elle se disait victime de harcèlement et vivait difficilement certaines situations scolaires. Une souffrance qui l’avait conduite à entamer un suivi psychologique. Quelques jours avant sa disparition, sa mère avait été reçue par l’équipe éducative après un incident impliquant d’autres élèves. Tyah en était sortie en larmes.
Depuis, la famille dit se sentir livrée à elle-même. Chaque matin, Nathalie Ratsimivony s’éveille en espérant apercevoir sa fille. Elle attend un appel, une information, un signe. En vain. Sa fille aînée, Naïsha, peine à contenir sa colère. Elle dénonce un regard stigmatisant, l’impression d’être réduits à des clichés, là où ils demandent simplement que la disparition soit prise au sérieux.
Face à ce sentiment d’abandon, Erwan décide d’agir. Avis de recherche diffusés sur les réseaux sociaux, vidéos, messages partagés sans relâche : il refuse que sa sœur sombre dans l’oubli. La famille se rend même à Paris pour témoigner dans une émission télévisée nationale, espérant faire émerger une piste.
Ce n’est que le mardi 20 janvier que les autorités publient officiellement un avis de recherche pour disparition inquiétante. Une enquête est alors ouverte par la police judiciaire de Bordeaux. Une vingtaine d’enquêteurs sont mobilisés et aucune piste n’est écartée à ce stade.
Erwan sera prochainement entendu, tout comme les amis de Tyah. Trop tard, trop lentement, estime-t-il. Pendant ce temps, à la maison, la porte reste entrouverte. Comme un dernier espoir accroché au silence.



Gazeti est votre source d’information essentielle pour suivre toute l’actualité de 

