Robes noires rassemblées à la barre, dossiers suspendus, familles dans l’attente : la justice s’est figée, prise dans un mouvement de grève qui dépasse largement les frontières de l’île rapporte le Journal de Mayotte.
À l’origine de ce blocage, un projet de réforme de la justice criminelle qui cristallise les oppositions. Les avocats dénoncent un texte qui permettrait, selon eux, de condamner des accusés pour des crimes graves sans passer par un véritable procès, en s’appuyant sur une procédure de type plaider-coupable.
Face à la présidente du tribunal, les représentants du barreau ont demandé le renvoi systématique des affaires. Une requête globalement acceptée, malgré les réserves du parquet, soucieux de ne pas retarder des dossiers parfois très attendus. Certaines affaires sensibles, comme celle liée à un accident mortel survenu au port de Longoni, ont ainsi été reportées de plusieurs mois.
La mobilisation, initialement centrée sur le pénal, s’est durcie. Désormais, plus aucune activité n’est assurée : civil, administratif, gardes à vue… tout est à l’arrêt. Un mouvement total qui devrait se poursuivre jusqu’au 13 avril, date d’une journée nationale de « justice morte ».
Dans les rangs des avocats, la détermination est forte. Pour eux, cette réforme menace l’équilibre même du procès pénal, en réduisant les débats et en marginalisant le rôle des victimes, des témoins et du jury populaire.
À Mayotte, cette contestation prend une dimension particulière. Le manque de magistrats et les retards accumulés dans le traitement des dossiers rendent, selon eux, toute réforme procédurale inadaptée sans renforcement des moyens humains.



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