Les chiffres donnent le vertige. Près des trois quarts de la population mondiale vivent dans des zones en stress hydrique. Plus de 2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sécurisée, et des milliards d’autres subissent des pénuries récurrentes rapporte le Journal de Mayotte. Derrière ces données, une mécanique implacable : nappes phréatiques qui s’épuisent, lacs qui rétrécissent, glaciers qui disparaissent.
Depuis les années 1970, certaines régions ont déjà perdu une part significative de leurs réserves naturelles. Les zones humides s’effacent, les aquifères déclinent, et l’agriculture — qui absorbe à elle seule 70 % de l’eau douce mondiale — accentue la pression sur une ressource devenue critique.
Mais au-delà du constat, l’ONU appelle à un changement radical : cesser de gérer l’eau comme une crise temporaire et reconnaître un état de rupture durable. Un basculement qui exige des décisions politiques fortes et une transformation profonde des usages.
À Mayotte, cette réalité mondiale résonne avec une acuité particulière. Le territoire connaît depuis plusieurs années des tensions sévères sur l’accès à l’eau potable, avec des coupures régulières et des infrastructures sous pression. La crise majeure entre 2022 et 2024 a révélé la fragilité du système, confronté à une croissance démographique rapide et à des ressources limitées.
Face à cette situation, les autorités ont lancé un plan d’action pour tenter de reprendre le contrôle. Modernisation des réseaux, diversification des sources d’approvisionnement, amélioration du stockage… autant de leviers envisagés pour éviter l’asphyxie.
Mais les défis restent immenses. Une partie de la population n’est toujours pas raccordée à l’eau potable, les installations vieillissantes peinent à suivre, et les pertes sur le réseau aggravent une situation déjà tendue. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique et les dégâts causés par des événements extrêmes, comme le passage récent d’un cyclone.
Dans ce contexte, certaines solutions comme le dessalement sont envisagées, mais avec prudence. Car pour les experts, la priorité reste ailleurs : réduire le gaspillage, mieux gérer l’existant et repenser en profondeur notre rapport à l’eau.



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