En ligne de mire : une possible expropriation de leurs terrains dans le cadre du projet d’aménagement urbain Mkayamba rapporte Mayotte La 1ère.
Depuis le début de la semaine, une enquête publique est en cours – et jusqu’au 18 avril – concernant plusieurs parcelles situées sur les hauteurs de Kawéni. Celles-ci pourraient être déclarées d’utilité publique afin d’accueillir de futurs logements sociaux et équipements collectifs. Une annonce vécue comme une trahison par les familles concernées.
« On a découvert ça par un courrier d’huissier reçu le 12 mars », raconte Zaharia Mohamed, dont le père est propriétaire d’une parcelle visée. « C’est la première fois qu’on entend parler de ce projet. Personne n’est venu discuter avec nous. Quand il faut envoyer des huissiers, ils savent où on habite, mais pour nous parler des réunions, plus personne. »
Son père, explique-t-elle, projetait de construire un immeuble avec des logements et un local commercial. « C’était son projet de vie. Aujourd’hui, on veut le lui arracher. »
Selon les services de l’État, cette démarche s’inscrit dans une volonté de répondre à la crise du logement sur l’île, et notamment à Kawéni, quartier confronté à une explosion démographique. Dans une délibération adoptée le 8 décembre dernier, la mairie de Mamoudzou rappelle que la population de Kawéni a augmenté de 5,1 % entre 2012 et 2017, et que la pression foncière y est désormais critique. La municipalité plaide donc pour l’acquisition, amiable ou forcée, des terrains stratégiques pour répondre aux objectifs de rénovation urbaine fixés avec l’ANRU.
Pour les manifestants, il ne s’agit pas seulement d’un désaccord administratif, mais d’une injustice profonde. Ils dénoncent une urbanisation qui se fait sans leur consentement, et craignent d’être sacrifiés sur l’autel du développement. « On n’est pas contre les logements sociaux, mais pas comme ça. Pas en piétinant les droits des habitants historiques », lance un autre propriétaire.