Plus de robes noires, plus de plaidoiries : les avocats du barreau ont décidé de suspendre leurs activités pendant une semaine, en signe de protestation contre une réforme jugée dangereuse rapporte Mayotte La 1ère.
Au cœur de la contestation, un projet de loi porté par le ministre de la Justice visant à étendre le mécanisme du plaider-coupable… aux crimes. Une évolution qui permettrait à un accusé de reconnaître sa culpabilité et d’éviter un procès d’assises, au profit d’une procédure plus rapide.
Mais pour les avocats, cette accélération de la justice a un prix : celui des garanties fondamentales. Ils dénoncent une réforme qui pourrait réduire les débats, écarter les témoignages, supprimer l’intervention d’un jury populaire et priver victimes comme accusés d’un procès public et contradictoire.
Réunis en assemblée générale, les professionnels du droit ont voté une grève totale de toutes les activités pénales : audiences correctionnelles, instruction, comparutions immédiates, gardes à vue… Seuls les contentieux civils et administratifs restent, pour l’instant, épargnés.
Derrière cette mobilisation, un message clair : le problème de la justice à Mayotte ne serait pas sa lenteur, mais son manque de moyens. Magistrats en nombre insuffisant, greffes sous tension, dossiers en attente : les avocats estiment qu’une réforme procédurale ne peut pas remplacer un renforcement structurel.
Un exemple récent illustre cette fragilité : un procès important a dû être reporté faute de juges disponibles pour siéger en appel.
Le mouvement doit durer jusqu’au 8 avril, avec la possibilité d’un durcissement si aucune réponse n’est apportée.



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