Une décision choc, qui intervient après la publication d’une enquête du journal Le Monde, révélant des suspicions de détournements rapporte Mayotte La 1ère.
Selon l’enquête, certains agents municipaux auraient profité des distributions pour se servir en denrées, tandis que des élus sont accusés de clientélisme dans l’attribution des aides. Un maire aurait même fait livrer des vivres directement à son domicile. Des révélations qui ont poussé la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) à ouvrir une enquête.
Face à ces allégations, le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, a exigé plus de transparence, demandant un plan détaillé des distributions. Sans réponse des mairies, il a décidé de modifier l’organisation du dispositif : désormais, l’aide alimentaire sera distribuée via les mosquées et des associations caritatives, notamment durant le ramadan.
Les élus locaux, de leur côté, dénoncent un procès d’intention et rejettent en bloc ces accusations. Ils dénoncent un manque de moyens et des livraisons insuffisantes pour répondre aux besoins de la population après le cyclone Chido. Selon eux, l’État tente de masquer ses propres carences en les désignant comme responsables des dysfonctionnements.
« Nous ne voulons pas être les boucs émissaires d’un système que nous n’avons pas conçu », martèle l’AMM dans un communiqué. L’association réclame un retour aux circuits normaux d’approvisionnement, la levée des restrictions au port de Mayotte et le déblocage immédiat des aides d’urgence promises aux collectivités.
Si la majorité des maires se désengage du processus de distribution, certains refusent de priver leur population de cette aide. C’est le cas du maire de Dembéni, Moudjibou Saidi, qui juge la situation préoccupante : « Je ne peux pas pénaliser ma population, j’ai des containers à distribuer pour le ramadan », explique-t-il.