Dans l’île, son passage au pouvoir reste associé à une date précise : le 18 janvier 1995. Ce jour-là, son gouvernement met fin à l’autorisation automatique de séjour de trois mois dont bénéficiaient jusque-là les ressortissants comoriens à leur arrivée à Mayotte rapporte L’Info Kwezi. Désormais, un visa devient nécessaire avant le départ.
Quelques semaines plus tôt, le 24 novembre 1994, Édouard Balladur s’était rendu officiellement à Mayotte. Une visite symbolique, près de vingt ans après le choix des Mahorais de rester Français, dans un contexte où l’Union des Comores contestait déjà la souveraineté française sur l’île.
Le visa Balladur avait pour objectif de freiner les entrées légales face à l’augmentation des flux et aux écarts croissants entre les îles de l’archipel. Mais il n’a pas fait disparaître les départs vers Mayotte. Une partie des passages s’est déplacée vers les filières clandestines et les traversées en kwassa-kwassa.
Ce visa n’explique pas à lui seul l’immigration vers Mayotte, nourrie par la pauvreté, les crises politiques, les liens familiaux et l’attractivité du territoire. Mais il a profondément changé la manière d’entrer dans l’île et a installé une frontière administrative devenue centrale dans le débat local.
À ne pas confondre toutefois avec la territorialisation des titres de séjour, issue de textes ultérieurs. Trente et un ans après sa création, le visa Balladur demeure un marqueur politique majeur à Mayotte, au point que le nom de l’ancien Premier ministre reste indissociable de la question migratoire mahoraise.



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