Selon les informations de Mayotte Hebdo, treize feux de végétation se sont déclarés à Mayotte entre vendredi et dimanche, ravageant plusieurs dizaines d’hectares. Les foyers les plus impressionnants ont touché le secteur Barakani-Chiconi ainsi que la commune de Boueni.
Barakani-Chiconi et Boueni, les foyers les plus destructeurs
Le premier incendie a démarré vendredi à 13h30 à Barakani. Malgré l’intervention des pompiers et des largages d’eau par hélicoptère, des vents défavorables ont propagé les flammes jusqu’à Chiconi. Fixé samedi soir, le feu est reparti dans la nuit, mobilisant 59 pompiers, 9 véhicules, un hélicoptère bombardier d’eau et un drone. Dimanche soir, il n’était toujours pas totalement éteint, l’appareil ayant dû se désengager en raison d’un accès difficile au foyer. Au total, 25 hectares ont brûlé entre Barakani et Chiconi, et un garage de Chiconi a été entièrement détruit. Aucune victime n’est à déplorer.
Au même moment, un autre incendie s’est déclaré à Boueni, brûlant 5 hectares avant d’être éteint samedi soir. Le feu a toutefois repris le lendemain à M’Bouanatsa, dans la même commune, avant d’être maîtrisé dimanche midi. Au total, 13 feux de végétation ont mobilisé les secours sur l’ensemble du week-end. La RN2 restait fermée ce lundi, obligeant les automobilistes à passer par Kahani pour rejoindre le centre et l’ouest de l’île.
Les pompiers ont par ailleurs dû faire face à des bandes de jeunes profitant du chaos pour aggraver la situation. Les maires de Ouangani, Sada et Chiconi ont mobilisé leur police municipale pour sécuriser les périmètres, et le préfet Frédéric Poisot s’est rendu à Barakani dimanche matin pour apporter son soutien aux soldats du feu.
Les cultures sur brûlis en cause, un risque accru après Chido
À Boueni, l’origine du sinistre a été clairement identifiée : les cultures sur brûlis. À Barakani, la cause n’est pas encore établie, mais les pompiers privilégient fortement la même piste. Le chargé de communication du SDIS, Bacar Costa, explique que la pratique du brûlis a débuté ce week-end, dans un contexte aggravé par les arbres morts laissés par le cyclone Chido, des vents soutenus et une forte densité de bambous entre Barakani et Chiconi, une végétation particulièrement inflammable.
Entre Barakani et Boueni, ce sont 30 hectares qui sont partis en fumée, sans compter les dégâts causés par les 11 autres incendies plus modestes du week-end, pour lesquels aucun bilan chiffré n’est disponible. Face à ce constat, la préfecture prévoit de lancer une campagne de communication pour alerter la population sur les dangers de cette pratique illégale. Si les agriculteurs vivriers qui y ont recours agissent souvent par nécessité immédiate, le manque d’anticipation face à l’état actuel de l’île, fragilisée par Chido, pourrait avoir des conséquences graves pour l’ensemble de la population mahoraise.
Source : source_mayottehebdo



Gazeti est votre source d’information essentielle pour suivre toute l’actualité de 

