Kemal, bientôt 20 ans, observe, corrige, encourage. Élève infirmier, il consacre son temps libre à transmettre le breakdance avec le collectif Yatru Hip-Hop rapporte le Journal de Mayotte.
Tout l’été, le groupe sillonne les villages de Mayotte pour proposer des initiations gratuites. L’idée est simple : aller vers les jeunes qui ne peuvent pas toujours se déplacer, parfois à cause des tensions entre quartiers ou villages. En installant la danse là où elle est accessible, le collectif veut ouvrir un espace de rencontre.
Pour Kemal, le hip-hop est plus qu’une discipline artistique. C’est un moyen de reprendre confiance, de sortir de l’ennui et d’éviter que certains jeunes restent livrés à eux-mêmes dans la rue. Une activité, dit-il, peut aussi devenir une forme de prévention.
Le collectif mise sur des lieux considérés comme neutres, où les origines et les appartenances s’effacent le temps d’un entraînement. Mahorais, Comoriens, Malgaches, jeunes de villages parfois opposés : tous se retrouvent autour du même cercle. Pour Abdillah, alias Bboy Demez, la danse permet justement de dépasser les frontières invisibles qui alimentent les tensions.
Les plus jeunes, eux, retiennent surtout le plaisir d’apprendre. Maenrouf, 15 ans, danse depuis deux ans et voit dans le hip-hop une culture née de la rue, avec son histoire et ses codes. Ali, 14 ans, apprécie l’énergie collective et la progression partagée.
Mais la scène hip-hop mahoraise reste fragile. Faute de salle, les entraînements se font dans les stades, dans la rue ou sur des cartons. Yatru Hip-Hop espère désormais se structurer en association et obtenir un lieu permanent pour accueillir les danseurs toute l’année.



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