Chiens errants en Outre-mer : l’abattage en dernier recours fait déjà polémique

par | 7 Juil 2026 | Social, Société

Face à la prolifération des chiens errants dans les territoires ultramarins, le Sénat a adopté un amendement qui autorise, sous conditions, des opérations d’élimination des animaux.


Un texte sensible, qui concerne notamment Mayotte, où la question de l’errance canine mêle sécurité publique, protection animale et manque criant de structures d’accueil rapporte le Journal de Mayotte.

Adoptée le 2 juillet dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, la mesure permettrait au préfet d’autoriser, par arrêté motivé et pour une durée maximale de deux mois, des opérations de destruction de chiens errants. Elles ne pourraient intervenir qu’en dernier recours, après l’échec de captures et en cas de persistance d’attaques contre des personnes ou des animaux domestiques.

Les auteurs de l’amendement disent vouloir combler un vide juridique. À Mayotte, un précédent arrêté préfectoral organisant des battues administratives avait été annulé en 2023 par le tribunal administratif, faute de base légale. Le texte doit encore passer en commission mixte paritaire avant d’être définitivement validé.

Mais sur le terrain, les associations de protection animale dénoncent déjà une fausse réponse. À Mayotte, Sandrine Klein Allouard, présidente de L’Arche d’Hélios, s’oppose fermement à toute campagne d’euthanasie massive. Selon elle, les moyens devraient d’abord être consacrés à la stérilisation, à la création de structures d’accueil et au renforcement des filières d’adoption. L’association affirme avoir fait adopter la grande majorité des chiens pris en charge depuis le début de l’année.

Même opposition du côté de l’association Stéphane Lamart, qui rappelle que des milliers de chiens sont euthanasiés chaque année dans certains territoires ultramarins sans que cela ne règle durablement le problème de l’errance.

À Mayotte, la situation reste pourtant préoccupante. Des meutes circulent régulièrement dans les quartiers, près des écoles, sur les plages ou dans les cours d’habitation. Des attaques contre des habitants ou des animaux d’élevage ont été signalées, tandis que certains chiens sont parfois récupérés par des délinquants et utilisés comme outil d’intimidation.

Jusqu’ici, l’action publique repose surtout sur les captures, les adoptions et la responsabilisation des propriétaires. Le « Plan Chiens » a permis plusieurs opérations en 2025, mais les moyens restent limités face à l’ampleur du phénomène. Pour les associations, sans politique massive de stérilisation et sans véritable fourrière dans chaque commune, l’abattage ne ferait que traiter l’urgence sans résoudre la cause.


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