Chaque année, des milliers de patients y viennent pour se faire dépister, consulter ou recevoir un accompagnement médical. Pourtant, derrière cette mission de santé publique cruciale, les professionnels décrivent un quotidien de plus en plus difficile rapporte le Journal de Mayotte.
En 2025, le centre a assuré plus de 4.400 consultations, suivi plus de 2.300 patients et réalisé près de 15.000 examens biologiques. Douze nouveaux cas de VIH y ont été diagnostiqués, auxquels s’ajoutent de nombreuses infections sexuellement transmissibles comme la syphilis, la gonorrhée ou encore les chlamydiae. Des chiffres qui témoignent de l’ampleur de la prévention dans un territoire où la circulation du virus reste particulièrement active.
Mais pour les équipes sur place, ces résultats masquent une réalité bien plus fragile. Plusieurs professionnels évoquent des locaux dégradés, exigus et mal adaptés, aggravés depuis le passage du cyclone Chido. Certains bureaux ont été abandonnés et restent inutilisables, obligeant les soignants à se partager quelques pièces trop petites pour accueillir correctement les patients.
Dans ces conditions, la confidentialité — pourtant essentielle lorsqu’il s’agit de santé sexuelle — devient difficile à garantir. Les consultations se déroulent dans des espaces où les allées et venues sont fréquentes. Médicaments, vaccins et dossiers médicaux sont parfois stockés dans les mêmes pièces que celles où les entretiens médicaux ont lieu.
« On parle de sujets très intimes, mais sans véritable intimité », confie un membre de l’équipe. Dans certaines salles, plusieurs soignants et patients doivent cohabiter dans un espace réduit, au milieu du bruit et des déplacements constants.
Le problème dépasse d’ailleurs le seul CeGIDD. Plusieurs activités de santé publique du CHM sont concernées : vaccination, lutte contre la tuberculose, prévention de la lèpre ou encore accompagnement des addictions. Faute de locaux adaptés, certains recrutements restent impossibles. « Même lorsqu’on trouve des professionnels prêts à venir, on n’a pas d’espace pour les accueillir », résume un soignant.
Malgré ces difficultés, les équipes poursuivent leurs missions sur le terrain. Des consultations sont régulièrement organisées dans différents villages de l’île, notamment à Iloni, Sohoa ou Dzoumogné, afin de maintenir un accès aux soins dans des zones parfois éloignées.



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