Derrière les discussions feutrées entre Paris et l’exploitant, l’avenir de la principale porte d’entrée aérienne de Mayotte se joue désormais à coups de chiffres rapporte Mayotte Hebdo.
La concession du groupe EDEIS arrive à échéance en 2027. Selon nos informations, une prolongation de cinq ans serait envisagée, à condition que le gestionnaire accepte de financer lui-même la remise en état complète de la plateforme. Un marché implicite : investir maintenant, exploiter plus longtemps. L’État, lui, ne semble pas disposé à ouvrir son portefeuille.
Or, le chantier est lourd. La piste se serait affaissée d’environ 15 centimètres et devrait être rabotée puis rehaussée d’une vingtaine de centimètres. Sous le revêtement, une ancienne ravine se serait réactivée, fragilisant davantage la structure. À cela s’ajoutent les effets cumulés du cyclone Chido, la montée progressive du niveau de la mer et les secousses liées à l’activité volcanique sous-marine au large de l’île.
Les compagnies aériennes, de leur côté, multiplient les réserves. Certaines évoquent des conditions d’atterrissage délicates, accentuées par la fréquence des vents arrière. D’autres pointent des infrastructures terminales devenues inadaptées à l’augmentation constante du trafic depuis vingt ans. Les bâtiments actuels, hérités d’une précédente concession, seraient à la limite des standards exigés pour une plateforme de cette importance.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’une nouvelle piste convergente, régulièrement évoquée depuis les années 1980, refait surface sans jamais réellement s’imposer, jugée trop coûteuse. Parallèlement, le projet d’un nouvel aéroport à Bouyouni continue d’alimenter les débats, tant pour ses implications environnementales que pour son financement incertain.



Gazeti est votre source d’information essentielle pour suivre toute l’actualité de 

