L’orgueil au bout du surin : à Mayotte, le prédateur « vexé » finit à l’ombre

par | 4 Fév 2026 | Justice, Société

Le visage est impassible, presque nonchalant dans le box des prévenus. Pourtant, le dossier qui pèse sur les épaules de Saidou H. est d’une noirceur absolue.


En juin 2024, à Koungou, l’homme a transformé le trajet d’une gamine de 15 ans vers l’épicerie du quartier en un véritable guet-apens. Le scénario est lâche : plusieurs individus, une main plaquée sur la bouche pour étouffer les cris, et l’ignominie d’un corps qui se « frotte » à celui d’une enfant terrorisée, incapable de se défendre rapporte le Journal de Mayotte.

Ce qui frappe dans cette affaire, ce n’est pas seulement la violence, c’est la duplicité. Devant les enquêteurs et les psychiatres, Saidou H. avait pourtant fendu l’armure. Il confessait alors une vérité glaçante : il était « vexé » d’avoir été éconduit par la jeune fille par le passé. Pour soigner son ego froissé, il avait rameuté ses « amis » et noyé ses dernières inhibitions dans un cocktail explosif de bangué et d’alcool. Mais à la barre du tribunal de Mamoudzou, le discours a radicalement changé de couleur. L’homme dément tout, d’un ton monocorde frisant le mépris, allant jusqu’à prétendre que la victime mentirait simplement parce qu’elle n’aimerait pas « son visage ». Une ligne de défense qui a fait s’écarquiller les yeux de la présidente, d’autant que son propre frère le décrit comme un individu « ingérable » sitôt qu’il est sous emprise.

Le traumatisme de la victime, lui, ne souffre d’aucune contestation. Si l’absence de preuves matérielles — l’adolescente s’étant douchée immédiatement après l’agression — aurait pu fragiliser l’accusation, la constance de son récit et les témoignages de harcèlement préalable ont emporté la conviction des juges. D’autant que l’agresseur avait enfoncé le clou quelques jours après les faits : recroisant sa victime, il lui avait agrippé le poignet sous la menace d’un couteau pour lui imposer le silence. Un geste qui, pour le procureur, signe une « fixation malsaine » et une dangerosité sociale évidente chez un homme qui choisit la violence pour compenser ses frustrations.

La sentence est tombée comme un couperet, balayant les jérémiades du prévenu qui affirmait vouloir « sortir pour chercher une meilleure vie ». Reconnu coupable, Saidou H. a été condamné à 5 ans de prison ferme avec maintien immédiat en détention. Le condamné dormira désormais à la prison de Majicavo. À sa sortie, il sera inscrit au fichier des délinquants sexuels (FIJAIS) et devra se plier à un suivi socio-judiciaire strict. Le tribunal a par ailleurs assorti sa peine d’une interdiction du territoire français pour une durée de 5 ans, signifiant ainsi que l’orgueil criminel n’a plus sa place sur l’île.


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