Restes de repas, bouteilles, sacs éventrés : les lieux de fête se transforment en zones de nettoyage d’urgence, révélant les limites d’un système encore largement fondé sur la prévention plutôt que sur la sanction rapporte le Journal de Mayotte.
Contrairement à l’Hexagone, où les communes renforcent désormais les amendes contre les dépôts sauvages, la gestion des déchets à Mayotte repose avant tout sur la responsabilité individuelle. Pourtant, en période de fêtes, cette bonne volonté montre rapidement ses failles. Sur les plages les plus fréquentées, l’affluence du réveillon accentue un phénomène déjà bien connu : l’accumulation rapide d’ordures, parfois dès les premières heures de la journée.
Pour limiter l’impact des festivités, le Sidevam a déployé un dispositif ciblé sur cinq plages majeures de l’île. Des bennes supplémentaires ont été installées, certaines dédiées au tri des emballages, afin d’inciter les usagers à gérer leurs déchets sur place. L’objectif est simple : éviter que les sacs ne s’entassent sur le sable ou le long des accès routiers. Mais ce dispositif reste temporaire et ne concerne qu’un nombre limité de sites, faute de moyens suffisants pour couvrir l’ensemble du littoral.
Sur le terrain, les avis sont partagés. À Labattoir, dès la matinée du 31 décembre, les bennes se remplissent déjà, laissant craindre une saturation rapide. Des usagers pointent un manque d’équipements et une implantation parfois peu pratique, quand d’autres saluent la présence des agents municipaux mobilisés pour le nettoyage. Certains anticipent même le problème en apportant leurs propres sacs-poubelle, conscients que les installations existantes ne suffiront pas à absorber l’afflux attendu.
Au-delà de la logistique, la question des sanctions reste en suspens. Le Sidevam rappelle qu’il n’a pas compétence pour verbaliser et que cette responsabilité incombe aux communes. Un débat récurrent, alors que de nombreux acteurs estiment qu’une application plus ferme des règles pourrait modifier durablement les comportements. En attendant, la gestion des déchets du Nouvel An demeure un exercice fragile : un équilibre précaire entre équipements temporaires, mobilisation des agents et civisme des fêtards.



Gazeti est votre source d’information essentielle pour suivre toute l’actualité de 

