À l’époque, l’adhésion était massive. Deux ans plus tôt, plus de 95 % des électeurs avaient approuvé ce virage lors d’un référendum, nourrissant l’espoir d’un rattrapage rapide avec l’Hexagone. Pourtant, le jour même de la départementalisation, la fête prévue à Mamoudzou tourne court rapporte Mayotte La 1ère. Faible mobilisation, blocage institutionnel et report des cérémonies : le symbole d’un départ déjà contrarié.
Sur le papier, la transformation devait être profonde. Transfert de compétences, amélioration des services publics, fin du droit coutumier, nouvelles prestations sociales : le chantier s’annonçait ambitieux. L’objectif était clair — rapprocher Mayotte du droit commun et renforcer son intégration dans la République.
Mais la mise en œuvre s’est révélée plus chaotique. Manque d’anticipation, organisation administrative fragile, retards législatifs : dès 2016, la Cour des comptes pointait un pilotage insuffisant, tant du côté de l’État que du Département. La fiscalité de droit commun, pourtant prévue de longue date, n’a été instaurée qu’en 2014, tandis que d’autres réformes ont avancé au rythme des urgences.
Sur le terrain, les déséquilibres persistent. Les structures locales peinent à absorber pleinement leurs compétences, et certaines réformes majeures, notamment foncières ou sociales, restent incomplètes. Si des progrès ont été réalisés, ils apparaissent encore partiels face aux attentes initiales.
Aujourd’hui, la trajectoire se poursuit. La convergence sociale complète est désormais annoncée à l’horizon 2031, preuve que le processus engagé il y a quinze ans reste en cours.



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